Émilie Potier
est infirmière. Elle a 26 ans lorsqu’elle décide de s’engager dans une
organisation humanitaire. Elle part en mission 6 mois dans le cadre
de la mise en place d’un programme de nutrition au Burundi, petit pays
gangrené par la guérilla entre Hutus et Tutsis. Avec l’auteur que nous
suivons de centre de soins en hôpital de campagne, de collines en villages,
nous vivons l’humanitaire au quotidien. Nous sommes avec elle au côté
des mères affamées, de leurs enfants que l’on ne réussit pas toujours
à sauver et des pères dans la détresse, tenus de retourner au village
cultiver quelques lopins de terre pour gagner des revenus insuffisants.
Au fil des jours
nous comprenons mieux ce travail de fond auquel se livrent ces ONG et
leurs équipes, dont on ne parle qu’au moment des grandes catastrophes.
Mais ce reportage de l’intérieur nous permet aussi de découvrir les
contraintes économiques et politiques de ces programmes humanitaires
et pose – sans juger ni trancher – la question délicate de leur finalité
: favorisent-ils le développement ou l’assistanat?
Et puis il y a Lottie,
cette minuscule petite fille née dans un centre de soin que l’auteur
va prendre en affection et décider, après mille interrogations, d’adopter.
Alors que la procédure avance, que Lottie s’apprête à rejoindre sa mère
d’adoption, celle-ci, de retour en France pour préparer sa venue, apprend
– par téléphone – que Lottie vient de mourir. Histoire magnifique, histoire
tragique.
Ce journal, jamais
larmoyant, se lit d’une traite d’autant qu’au cours de ce récit de voyage
nous faisons la connaissance de son auteur, une jeune femme d’aujourd’hui,
attachante, qui avec une grande justesse de ton, une belle honnêteté
et une bonne dose d’humour, nous fait part de ses craintes, de ses engagements
et de ses espérances.
Ce texte est illustré
de dessins et de croquis de l’auteur qui ajoutent au charme du livre.