Tout au long des
années 1990, le droit d'ingérence s'impose comme l'un des enjeux majeurs
de l'ordre mondial post-Est-Ouest.
D'un côté, l'Etat souverain demeure le fondement du système international
actuel. De plus, la souveraineté représente, à tort ou à raison, pour
les petits, pour les faibles, la meilleure défense contre l'intervention
des plus puissants.
De l'autre côté, se multiplient des formes de communauté, tant régionales
que planétaires. Or toute communauté requiert des mécanismes d'ingérence,
garantissant que ses membres demeurent fidèles aux exigences de cette
communauté.
Alors surgit ce qui, du point de vue de l'ingérence, constitue aujourd'hui
la question centrale: un droit démocratique d'ingérence est-il nécessaire
et possible dans un monde fait d'Etats souverains et inégaux?
Telles sont les
lignes directrices de cet ouvrage. Il est désormais indispensable de
penser l'ingérence. Sur une terre de plus en plus petite, de plus en
plus interdépendante, chaque acte affecte l'autre et, par conséquent,
confère à cet autre quelque chose comme un droit de regard. Mais comment
faire pour que ce droit de regard soit légitime?
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