Le contraire de
la langue de bois ! Lorsque les chaînes de télévision s'en sont allées
vers quelque audimat, il n'est resté aux réfugiés du Rwanda qu'à errer
dans la forêt hostile avant de s'affaler à bout de forces pour lécher
leurs blessures en attendant la mort.
C'est l'heure de
François Lefort.
Médecin, le voici sans antenne chirurgicale.
Prêtre, le voici sans plan pastoral.
A d'autres les fonds de commerce clérico-humanitaire sur fond médiatique.
Le voici désarmé qui avance en frère souffrant, n'ayant plus rien à
donner qu'une infinie compassion. Sa faiblesse devient sa force au point
qu'on en revient, au rythme d'un étonnant parcours, aux sources de la
médecine et du sacerdoce : retour à l'essentiel.
Ce parcours n'est pas imposé, il émerge peu à peu au rythme d'un journal
tenu jour après jour sans trop de précautions de style pour partager
angoisses, émerveillements, doutes, colères.
C'est bien sûr
une page de l'histoire tragique du Rwanda. C'est aussi un document
sur l'histoire de notre temps qui est celui de la violence, de l'errance,
du désespoir. Ne reste plus que l'espérance...
François Lefort s'étonne lui-même - et il a la simplicité de nous faire
partager son étonnement - devant l'accueil fait au prêtre, ministre
de la guérison des coeurs.
Ici on ne triche plus, on ne prêche plus parce qu'on a été le premier
à charger sur ses épaules le fardeau des autres. Nous manquions de partages
fraternels et beaux. En voici un.
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