Les ONG de développement
sont à l'ordre du jour.
Les organismes financiers internationaux (Banque mondiale, FMI, etc.)
voient en elles des agents efficaces de lutte contre la pauvreté et
tendent à les instrumentaliser. La canalisation de l'aide publique par
leur intermédiaire a eu pour effet une énorme croissance de leur nombre.
De nombreux Etats, du Nord et du Sud, cofinancent certaines de leurs
activités, exigeant de leur part un plus haut degré de professionnalisation
qui aboutit souvent à les soumettre à leurs impératifs politiques. Aujourd'hui,
les organisations dites humanitaires drainent la part du lion des fonds
privés et publics. Les ONG de développement n'échappent donc pas au
rouleau compresseur du marché total. Elles contribuent de fait à la
privatisation des tâches de l'Etat.
Dans ces circonstances, la tradition de soutien aux luttes sociales
de libération, dans le Sud, s'estompe au profit de programmes construits
sur la rentabilité. Le contexte local dans le Sud est moins clair et
les mouvements populaires sont affaiblis. Certains reprochent même aux
ONG d'usurper l'espace politique de ces derniers en dépolitisant les
enjeux et en devenant de moins en moins non-gouvernementales.
Par ailleurs, l'idéologie néo-libérale a pénétré de larges couches de
populations, au Sud comme au Nord. Cependant, au moment où les effets
de la mondialisation secouent le système économique capitaliste, certaines
ONG, du Nord comme du Sud peuvent jouer un rôle important dans le soutien
aux résistances au projet néo-libéral et appuyer les recherches d'alternatives.
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