"On ne découvre
pas le Monde dans un vase clos." LORD CHESTERFIELD.
Extrait:
"Ma conscience s'emplissait d'une vérité enfouie sous les images
d'une réalité présente, j'avais une aventure à vivre, ailleurs. Elle
commencerait là-bas, en Afrique de l'Est.
Amusé par les commentaires et les inquiétudes des gens qui jugent sans
savoir, j'écoutais alors les recommandations de ceux qui n'avaient jamais
quitté l'Europe ou la France. J'étais persuadé qu'un paradis s'ouvrirait
à moi parce que je le pressentais ainsi...
La date approchait, et une semaine avant l'envol vers la terre sur laquelle
est née Lucie, notre ancêtre commune, je ressentais l'attraction de
cet univers fantasmé d'une aventure africaine. Mes nuits étaient le
théâtre de scènes exotiques, hautes en couleurs, nappées de senteurs
fruitées, plongées dans des concerts de percussions. Le moment attendu
se révéla exaltant. A l'approche de l'avion les images prenaient forme
par la présence de quelques africains sur notre vol. Je pris conscience
que cette aventure aurait lieu sur un territoire dont ils détenaient
les secrets et connaissaient les histoires contées par les anciens.
Tout en découvrant des paysages, des saveurs, des bruits et des atmosphères,
je devrais m'approcher de ce peuple visité par tant d'hommes qui n'ont
pas eu d'intentions aussi pacifiques que les miennes.
Les premiers temps devraient être consacrés à l'acclimatation, car au-delà
de toutes les idées reçues sur l'Afrique, la température et l'humidité
vous posent immédiatement dans les conditions du réel...
Rome, le Caire,
Sanah m'avaient offerte leurs splendeurs aériennes, ce fut le moment
de découvrir le pays et la ville de Djibouti. La mer Rouge, les déserts
et les îles préfiguraient les escapades possibles depuis la ville principale.
Les décors se plantaient rapidement lors du tour d'horizon. L'hôtel
de luxe avec piscine contrastait fortement avec des enchevêtrements
de tôles et de planches qui constituent les quartiers populaires, les
bidon-villes...
L'aventure avait
bien commencé. Les premières minutes du séjour affichaient la teneur
des scènes de la vie quotidienne. Le sable est omniprésent, le ciel
est dégagé et inonde nos yeux d'une lumière intense. Les femmes qui
marchent le long de cette route portent des fagots immenses, d'autres
des épis de bouteilles d'eau vides. Les pieds nus des enfants, leurs
vêtements sales et en lambeaux sont une gifle au plus pur..."
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